Georges SIMENON à Paris

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21 place des Vosges.

« J’ai essayé d’être le plus simple possible. C’est le conseil qui m’a le plus servi dans ma vie. Je dois une fière chandelle à Colette de me l’avoir donné. »

Georges Simenon, in Portait-souvenir de Georges Simenon. Roger Stéphane. Éditions Quai Voltaire. 1989.

Un train venant de Liège le débarque dans la capitale en décembre 1922. Journaliste de dix-neuf ans, il est déjà l’auteur de deux ou trois romans. Il vient de perdre son père. Paris est la ville principale de l’ensemble de l’oeuvre de Simenon, davantage même que Liège ou la région de La Rochelle – qui est pourtant, dit-il, sa seconde patrie.

C’est la ville qui, conformément à son souhait, va le rendre célèbre.

À Paris, il ira des chambres d’hôtel… à la Place des Vosges et au boulevard Richard Wallace :

– Son ami Lafnet[[L’atelier de Luc Lafnet se trouvait au 13 rue du Mont-Cenis, dans les locaux qu’occupent actuellement les éditions André Roussard (note de Philippe Boisseau, novembre 2006).]] l’accueille d’abord dans son atelier rue du Mont-Cenis à Montmartre.
– 1922 est l’année de son embauche comme secrétaire de Jean Binet-Valmer 248 rue du Faubourg-Saint-Honoré, et 1923, l’année de son mariage avec Régine Renchon, dite « Tigy ». En décembre 1922/janvier 1923, l’hôtel Bertha (qui existe toujours 1 rue Darcet) héberge le couple qui loge ensuite 233 bis rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans ce qui s’appellera bientôt la villa Wagram-Saint-Honoré.
– Insatisfait, Simenon devient cette même année secrétaire du marquis de Tracy. Le château de Paray-le-Frésil près de Chevagnes (Allier) est sa demeure. L’Allier et la région de Moulins seront la terre natale du futur commissaire Maigret.
– En 1924, revenu à Paris car décidé à vivre de sa plume, il habite avec Tigy une chambre de l’hôtel Beauséjour, 42 rue des Dames. En même temps qu’il collabore à différents journaux, il envoie à cette époque des contes à Colette, dans l’espoir d’être publié dans Le Matin. Après quelques retours de copies, c’est le début d’une longue collaboration.
– Ses revenus s’améliorent et lui permettent d’emménager 21 place des Vosges, dans l’ancien hôtel du maréchal de Richelieu : une pièce et demie au rez-de-chaussée, où il s’installe avec sa machine à écrire de location… Il occupera bientôt le second étage de cet immeuble, qui dispose d’un grand salon donnant sur la place.
– Les cafés et boîtes de nuit de Montparnasse, la Coupole, le Jockey, le Dôme, la Rotonde, ainsi que le Boeuf sur le toit, qui ouvre en 1922 rue Boissy-d’Anglas, près de la Madeleine, deviennent les résidences secondaires des Simenon. Après une soirée au restaurant ou au cinéma, Simenon dort quelques heures avant de s’attabler à sa table, sur laquelle trônent une bouteille de vin et sa machine à écrire. Entre 1924 et 1931 : 190 romans publiés sous 17 pseudonymes, ce qui permet souvent de mettre en scène des personnages semblables dans des situations qui se ressemblent (le commissaire Maigret n’apparaît qu’en 1929). Moyenne quotidienne : 80 pages d’écriture !
– Tout en gardant Paris comme port d’attache, il s’aventure à Porquerolles puis sur les canaux et les fleuves, en 1928-1930. C’est ainsi en septembre 1929 à Delfzijl, un port des Pays-Bas, qu’il permet à Jules Maigret de faire sa première apparition dans Pietr-le-Letton, premier roman à être signé Georges Simenon et non d’un pseudonyme.
– Après un intermède dans la région de La Rochelle, un séjour (fin 1934) au château de la Cour-Dieu, près d’Ingrannes, dans la forêt d’Orléans, et un tour du monde qui sera l’occasion de se rendre sur la tombe d’un auteur qu’il révère (et nous aussi !) – Robert-Louis Stevenson, qui repose dans la terre des Iles Samoas -, Simenon emménage en 1935 7 boulevard Richard Wallace à Neuilly-sur-Seine.
– La guerre le trouve près de La Rochelle.
– L’hôtel Claridge à Paris l’accueille quelques semaines à partir d’avril 1945 avant qu’il ne réemménage dans l’appartement de la Place des Vosges.
– Pour faire peau neuve après une guerre où son rôle reste controversé, Simenon débarque à New-York à la fin de l’été 1945 puis parcourt des milliers de kilomètres aux États-Unis et au Québec, avant de se fixer pour un an en Floride, dans la maison de Coral Sands à Bradenton Beach, et successivement à Tucson, Tumacacori, Carmel et Lakeville (dans la Shadow Rock Farm), entre 1946 et 1954.
– Lorsqu’il rentre en France en 1955, ce n’est pas pour Paris, mais pour habiter La Gâtounière à Mougins puis Golden Gate, avenue de la reine-Elisabeth à Cannes.
– En 1957, il se dirige vers la Suisse, où il finira ses jours en 1989.

Autres demeures de l’auteur

Simenon, originaire de Liège, adopta la région de La Rochelle comme seconde patrie.

Quelqu’un à contacter ?

Les Amis de Georges Simenon peuvent être contactés par Michel Schepens, 291 Beigemsesteenweg, 1852 Beigem, en Belgique (tél. : (02) 269 47 87).

Le fonds Simenon se trouve à l’université de Liège, au château de Colonster, 4000 Liège (tél. : (41) 56 30 22, fax : (41) 88 15 55).

Petite bibliographie

Simenon. Pierre Assouline, Editions Folio n°2797, 1996.

Georges Simenon, parcours d’une oeuvre. Bernard Alavoine, Editions Encrage, 1998, 65 F.

Les années parisiennes. Simenon avant Simenon (1923-1931). Jean-Christophe Camus. Editions Didier Hatier, Bruxelles, 1990.

Cahiers Simenon. Publication annuelle des Amis de Georges Simenon.

Le Dôme.
Le Dôme.